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Décidément
cette adresse multiplie les promesses, les accomplit le plus
souvent avec adresse et félicité. N’en déplaise
aux esprits sans retour mais ce restaurant a une belle histoire
que les moins jeunes vous racontent avec une note de nostalgie.
Francis Delpey a précédé Yannick Guichaoua
lequel s’est effacé devant Éric Vidal. Le
tout en moins de cinq ans. À chaque fois nous avons tremblé sur
nos papilles incertaines, à chaque fois, l’amertume
s’est glissée entre nos assiettes, l’acide
comparaissait devant le tribunal de l’éternelle
fidélité. Et pourtant, une fois de plus, on peut,
en la demeure d’un ancien maire de Périgueux du
Siècle des lumières, Jean-Louis Sanzillon de Mensignac,
vérifier la belle antienne d’Anthelme Brillat- Savarin: « La
cuisine, c’est quand les choses ont le goût de ce
qu’elles sont ».
Eric
Vidal a bel et bien transformé le “8” en “L’essentiel”.
Il en a gardé les couleurs, les pierres, les meubles avec
un savant dépoussiérage sur tout ce qui compose
la table: couverts, décoration. On y retrouve les deux
petites salles cossues, à la décoration soignée,
intégrant des oeuvres d’artistes puis, pour les
soirées d’hiver, repas d’affaires, ou pour
toutes autres occasions, un caveau voûté avec cave
vitrée, pouvant accueillir jusqu’à 14 personnes.
Dès les beaux jours, service en terrasse dans le patio
avec son petit jardin et sa fontaine. Il est vrai que ce sera
pour l’année prochaine…
Une enseigne connue
et reconnue
Le
chef a fait ses classes comme d’autres font
leur tour de France. Ce natif de Tulle a débuté à Égletons
pour couvrir une étape vers le Loiret, puis sur la Côte
Basque, aux Eyzies - Chez Roland Mazère avec lequel il
partage quelques passions -, Courchevel, dans la région
Parisienne et quelques adresses pour compléter le menu. Éric
Vidal a repris le flambeau de l’enseigne connue et reconnue
avec son épouse Magali au début de l’été.
Juste avant l’arrivée des touristes. Le tout s’est
joué en quelques semaines. Pour le couple nouvellement
implanté il fallait marquer une rupture en terme d’image.
C’est par le changement de nom que la transition a été annoncée.
L’Essentiel? Cela coule un peu de source car c’est
bien ce qui guide les pas assurés du chef Vidal. Pour
Magali, cette adresse se devait d’être autre chose
qu’un simple lieu de restauration. Désormais l’établissement
accueillera des expositions d’artistes peintres avec la
mise en avant de peintures destinées à l‘art
de la table, et aux produits, tels les fruits et légumes,
de même on pourra y apprécier des assiettes, des
services à thé et café peints sur porcelaine
et sur verre. De quoi donner un supplément d’âme.
Produits et cuisson la bonne rime
Bon
et la cuisine? On en parle. Bien sûr. Tout d’abord, c’est ce qui ressort
des différents plats affichés, Éric Vidal
appuie son travail sur les choix de produits avec lesquels il
va composer ses plats. Rien ne semble lui faire peur. Mais aujourd’hui
une adresse, si elle veut perdurer, doit veiller à ce
que sa carte prenne en compte les dures lois de la rentabilité.
Le stock “zéro” semble guider et limiter les
ardeurs créatives et donc, quelque part, les réduire à la
manière d’un fond de veau. Éric Vidal le
sait et a construit une carte originale, inventive mais, il est
vrai plus ramassée. Un choix qui conforte une très
grande qualité à la fois aux produits mais aussi
une parfaite traduction du métier dans les préparations.
En clair on ne se disperse et on fait le mieux possible ce que
l’on sait faire le mieux. C’est sage et rassurant.
Une
recette? On va dire cela ainsi. Dans cette recette, et cela se
voit immédiatement, la cuisson a une place justifiée
mais plus encore. On le sait, la cuisson est responsable de tout
ce qui est en dehors du produit. Elle est déterminante.
On dit qu’il y a huit techniques de cuisson: la friture,
la grillade, le rôtissage, le sauté, la fricassée,
le boulli, le braisage et le poêlage. Éric Vidal
décline l’ensemble avec une grande rigueur. Si la
carte comprend quatre entrées, trois poissons et trois
viandes, la valse des trois desserts se fait-elle aussi qualitative
faute d’être quantitative. Une mention joyeusement
attribuée d’ailleurs pour la qualité de ces
conclusions gustatives que sont les desserts. C’est diablement
mérité.
Trois
propositions de menus: menu gourmand avec une entrée, un poisson
ou une viande et un dessert; le menu plaisir et un “accord
mets et vins”. La carte des vins est, en revanche, très
bien pourvue, plutôt même riche. Près de cent
vingt vins sont disponibles. Une ouverture déjà opérée
auparavant sur les vins d’Espagne. On aurait aimé, ce
qui déjà n’existait pas précédemment,
une attention pour les enfants. N’oublions pas que ce sont
eux les consommateurs de demain. Mais tout cela n’est qu’une
question de temps.
Voici
donc une composition gastronomique qui séduit
et résiste à la critique douloureuse. Celle-ci doit
s’exprimer en cuisine car rien de tel ne saurait prospérer
dans une remise en cause perpétuelle. Le service a pris de
l’étoffe et garantit un accueil et un suivi harmonieux,
discrets et orchestrant un duo ou simplicité et raffinement
constituent la plus belle des assiette
Restaurant
L'Essentiel -
Magalie et Eric Vidal
8,
rue de la Clarté - 24000 Périgueux
- Tél. 05 53 35 15 15
E-mail : contact@restaurant-lessentiel.com -
Web : http://www.restaurant-lessentiel.com |