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Le
Manoir d’Hautegente. Un nom, une adresse et une discrétion
qui confine à l’insulte quand on revient chez soi,
tout étonné de ne pas être venu plus tôt.
Pourtant, les guides, eux, ne s’y sont pas trompés
et, d’année en année, l’assurent d’une
confiance méritée. L’adage qui dit que “nul
n’est prophète en son pays” serait-il encore
vrai? Si la construction de ce manoir date de 1291, nous retiendrons
la délicatesse et la qualité d’une table non
exempte de talents. C’est au début des années
80, suite à des problèmes financiers, que cette maison
de famille est transformée en une chambre d’hôtes
et le Manoir ouvre ses portes à une clientèle internationale.
Lorsqu’elle ne gave pas ses oies dont les foies seront transformés
en délicieuses terrines, Édith Hamelin met son tablier
et passe derrière les fourneaux. Elle prépare, alors,
pour ses hôtes de merveilleux plats aux parfums du terroir,
servis près de la cheminée par son fils Patrick,
jeune homme à l’accueil chaleureux et doté un
grand sens de l’humour.
Grâce
au travail acharné d’Édith
Hamelin et de son fils, cette petite maison d’hôtes
devient, au cours des années, un hôtel de 17 chambres
et un restaurant gastronomique. Aujourd’hui, c’est
Ludovic Lavaud qui a repris la cuisine. Entouré de son équipe,
il marie avec harmonie les produits du terroir et la cuisine traditionnelle
et y ajoute une touche de parfum d’Orient et de modernité.
Ces délicieux plats sont servis par une équipe accueillante
et conviviale, soit dans les salles de restaurant en enfilade,
soit en bordure de la rivière du Coly, au pied de l’ancien
moulin à draps.
C’est
une belle, bonne et solide carte qui est proposée.
Les variations de produits sont multiples et éveillent
les sens des plus alanguis. En cet été qui n’en
cesse de rimer avec indien, l’attention roule sur la “variation
autour des légumes d’été, barigoule
de petits violets, minestrone de tomates, granité de concombre à la
menthe fraîche”; on dégringole sans blessure
sur la noisette de lotte nacrée, tarte de tomate renversée à la
fleur de lavande et son pistou à l’huile d’olives
Ravida; on dérive sans crainte vers le tapioca au lait
de coco et sa compote de rhubarbe. Bien sûr, il y a les
menus. Dans un ordonnancement qui convoite sans prétention
la perfection on imagine déjà un futur proche.
Allez, quelques notes volées entre deux propos échangés:
la terrine de lapin bardée de poitrine fumée, salade
printanière aux éclats de noisettes, jus de braisage émulsionné,
le filet de dorade grillé à la plancha, garniture
de retour de marché (agréable et séduisante
dénomination), crème de lard fumé, enfin
une pastilla de fruits au miel de forêt, glace de vanille,
le tout pour… 35 euros.
La
cave est de grande qualité et
ne souffre d’aucune faiblesse, si ce n’est la fourchette
de prix conforme et en rapport avec les produits mais ne laissant
rien dans la demi-mesure. On lui concédera aussi une diversité due à une
parfaite connaissance et gestion des vignobles français.
Bravo pour le menu enfant, même si, là encore, cela
peut paraître élevé. Les bâtonnets
de foie gras mi-cuit avec son pain toasté suivi d’un
coeur de filet de boeuf avec sa garniture du marché et
conclu par une palette de glaces ou de sorbets sont largement à la
hauteur et soulignent un respect sans réserve pour nos
petites têtes blondes, brunes ou châtains.
Ludovic
Lavaud dispense une belle et plantureuse expérience. Il
a suivi les approches culinaires tant de Marc Veyrat que de Michel
Guérard. Ce chef de cuisine, à l’avenir bien
dessiné, travaille chaque saveur et apprête dans
sa cuisine les sens retenus au cours de ses parties de pêche,
de cueillette de champignons, de plantes et herbes fraîches.
Cette inspiration croquante et craquante n’est pas outrancière.
L’authenticité des produits est au rendez-vous.
C’est réconfortant.
En
novembre et décembre – donc
actuellement – à l’approche des fêtes, la
cuisine du Manoir est
transformée
en laboratoire et la fabrication de foie gras entier en terrine,
de cassoulets, de confit et de cou d’oie, bat son plein. Et
les adeptes viennent de loin, parfois de très loin, pour se
plonger dans cette inspiration croquante qui leur est offerte, à pleines
dents, à pleine vie. Et même l’hiver venu, comme
dans tout le Périgord, le Manoir d’Hautegente s’ouvre à des
charmes encore plus discrets et ciselés par Ludovic Lavaud.
Nous n’en dirons pas plus.
Le
Manoir d'Hautegente -
Marie-José et Patrick Hamelin
24120
Coly - Tél. 05 53 51 68 03
E-mail : hotel@manoir-hautegente.com -
Web : http://www.manoir-hautegente.com
Menus: 35 à 65 € - Fermé le
midi du 1er novembre au 1er avril |